Blogue de situations de gouvernance (y compris politiques) et d'anecdotes en international
lundi 10 février 2014
Un peu de lecture
Ces jours-ci je relie la longue série Fortune de France de Robert Merle, série qui traite de manière romancée de la période des guerres de religion, en France, au XVI siècle. La France, comme toute l'Europe d'ailleurs à cette époque, s'est déchirée dans une lutte fratricide entre catholiques et protestants. Tous croyaient au même dieu, tous partageaient une même prière, le notre-père, et ils ont pourtant réussi à s'entretuer, à faire les uns au dépends des autres de vastes massacres de milliers de personnes, femmes et enfants compris. Sans compter les buchers et les tortures. Par la suite les protestants ont du fuir la France qui s'est ainsi appauvrie, perdant de nombreux citoyens compétents qui ont apportés leurs savoirs et leurs techniques en Flandre, en Angleterre, dans les états allemands. La chose n'était pas nouvelle, les juifs ayant du quitter l'Espagne une centaine d'années plus tôt, enrichissant le Maroc et l’Occitanie de leur connaissances médicales et scientifiques et laissant l'Espagne à sa religiosité et à ses superstitions. Et la chose n'était pas exclusive au continent européen, ce qui allait devenir les États-Unis d'Amérique étant fondé par une poignée de pèlerins fuyant à bord du Mayfloyer la répression religieuse anglaise; on est en 1620, au moment où les guerres de religion se sont apaisées en France et où l'Angleterre est pourtant terre d’accueil pour les protestants pourchassés. Chez nous, en Nouvelle-France, nous étions en guerre continuelle avec les protestants du sud, anglais d'abord, américains ensuite. Puis nous avons du apprendre à cohabiter, même si nos villages étaient le plus souvent séparés, comme nos écoles. Nous ne nous divisions pas alors selon la langue mais bien selon la religion, catholiques d'un côté et protestants ou anglicans de l'autre. C'est ainsi que bien des irlandais catholiques sont devenus francophones, car inscrits à l'école catholique, alors que les grecs orthodoxes ou les juifs sont devenus anglophones puisque nous les refusions dans les écoles catholiques alors qu'ils étaient acceptés dans les écoles protestantes. Bref,bien avant de nous définir par la langue nous nous définissions par la religion, arrivant même à nous battre avec ceux et celles qui priaient comme nous le même dieu. Et c'est de cela qu'il me semble que nous devrions nous souvenir; d'abord que la religion est, pour une majorité d'humains encore aujourd'hui, un élément essentiel de leur identité et, ensuite, que seule la tolérance envers les différences est possible quand on veut construire une société juste et prospère. Quand on se ferme à la différence le premier que l'on appauvrit, c'est soi-même.
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