lundi 1 septembre 2014

l'Ebola



Il y a des mots qui frappent l’imagination, qui sont suffisants pour entrainer la crainte à leur simple évocation. Il en est ainsi de Peste, Sida et, aujourd’hui d’Ebola.
Dans tous ces cas ce qui nous inquiète c’est le taux de mortalité effrayant qui est associé à la maladie concernée. Il y a aussi le poids des images; anciennes comme celles de la peste qui a ravagé à plusieurs reprises l’Europe et l’Asie; plus récentes, comme celles du sida qui a tué tant de jeunes hommes en Amérique et qui tue encore tant de jeunes femmes, d’hommes et d’enfants en Afrique; actuelles, comme celles de ces villages ravagés et de ces corps ensanglantés au Libéria et chez ses voisins. Or, Ebola est une fièvre hémorragique dont les manifestations peuvent être spectaculaires : la vision, tantôt des victimes et tantôt des soignants, avec masque, lunette, gants, tenue isolante complète, renforce la peur. En un sens, c’est une bonne chose puisque cela peut motiver les populations à la prudence. En un autre sens, c’est une mauvaise chose puisque cela peut favoriser la panique. Le meilleur moyen de réagir, pour les autorités, est donc de donner l’information la plus précise possible pour que les citoyens connaissent la menace, sachent comment la réduire et se mobilisent pour ce faire.
Car si Ebola est des plus mortelles, elle est aussi peu contagieuse. Il faut un contact direct avec les sécrétions corporelles (salive, sang, sueur, etc) d’un malade pour être infecté. Il y a donc moyen de se protéger, d’autant plus que les symptômes doivent être présents pour que la maladie soit transmissible (pas de porteur sain ou de porteur latent comme dans d’autres maladies).
Quand j’ai quitté le Canada pour venir travailler ici, plusieurs amis et connaissances m’ont parlé de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Mais, si vous regardez sur une carte du monde, vous verrez que le Congo-Brazzaville est bien loin du Libéria. Certes il est plus près du Nigéria, où il y a eu des cas à Lagos. Mais, dans les faits, il n’est pas vraiment plus près  du Libéria que ne l’est Montréal; avec les transports actuels, tout est près de tout. La différence, bien sûr, est qu’au Canada un cas serait tout de suite isolé et traité, ce qui n’est pas forcément la situation de nombreux pays africains, dont le Congo. Cela rend mon travail ici encore plus nécessaire puisqu’il consiste à renforcer la formation paramédicale.
Devant toute menace, quelle qu’en soit la nature, il faut d’abord s’informer et partager l’information en s’assurant de son sérieux; les réseaux sociaux peuvent être catastrophiques en reportant des rumeurs, des informations partielles ou erronées. Il faut plusieurs sources avant de confirmer un risque et il faut par la suite un bon esprit critique pour savoir comment agir. Le drame d’Ebola, actuellement, ce n’est pas tant le virus lui-même que l’ignorance et la peur. Il en va de même pour bien des choses, pas seulement pour les maladies.

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