Israël est à nouveau en guerre. Et, à nouveau, sa réplique de défense donne lieu à une disproportion entre les forces utilisées, les civils palestiniens étant les victimes nombreuses et innocentes de jeux politiques dont elles ne sont pas responsables.
Mais je ne veux pas vous parler de la guerre. Ni de ses origines, ni des justifications que chacun avance. Je veux vous parler de l'antisémitisme.
Quand, en France, on attaque aujourd'hui des synagogues, au nom du conflit au proche orient, on tombe dans l'antisémitisme, dans le racisme, dans la culpabilité par association. En quoi une adolescente française, de religion juive, est-elle liée à la décision de l'état d'Israël de bombarder Gaza? Et, pourtant, c'est elle qui se fait agresser.
Lors de la dernière Intifada le même phénomène s'est produit avec des échos jusque chez nous; un établissement juif avait été incendié. Des gens avaient associé l'appartenance ethnique ou religieuse de personnes aux actes d'un pays. C'est comme si, voyageant en Tunisie à l'été 2006, on vous avait attaqué vous, comme ça, parce que vous étiez canadiens et que le Canada, par la bouche de son premier ministre Harper, appuyait l'attaque du Liban par Israël.
Le conflit du proche orient est complexe. Les québécois et les canadiens y réagissent de manières diverses, souvent avec beaucoup d'émotion. Il est normal et il est sain de prendre position, quitte à se tromper. Mais il est malsain d'oublier notre volonté de vivre ensemble. Au Québec, à travers une société marquée par sa langue, nous unissons des origines multiples qui nous enrichissent. Le Canada se construit encore maintenant par les apports de tous ses citoyens. Ce qui nous caractérise, ce qui doit continuer à le faire, c'est qu'ici nous gardons nos couleurs croate, ou chinoise, ou irlandaise, ou rwandaise, ou gaspésienne, ou montréalaise, ou granbyenne, ou catholique, ou baptiste, ou musulmane mais que nous inventons aussi une tolérance et un désir de partage qui nous fait vivre dans un même milieu. Nous sommes, en ce sens, le seul futur possible pour notre planète, le seul modèle qui permettra d'éviter un jour des conflits comme ceux du proche orient.
Si nous devons prendre position, il me semble que voilà le message essentiel que le Parti libéral doit porter. C'est en tous les cas celui que je choisi de défendre car il est à la base de mon engagement politique.
2 commentaires:
Bonjour,
vous avez tout à fait raison qu' il ne faut pas s' en prendre aux gens parce que dans tel pays cela ne va pas bien ou autres choses.
On est supposé s' entraider et non se détruire.
Bien à vous.
Gisèle
M. Demers,
On désigne couramment l'antisémitisme comme la haine contre les Juifs. Les peuples sémites ne désignent pas une ethnie, mais des groupes linguistiques. Parmi les langues sémites, on retrouve évidemment l'hébreu, mais aussi l'arabe, le syriaque (Syrie) et des langues africaines. Traiter un arabophone d'antisémite, comme on l'entend souvent, est rigoureusement invalide.
En ce qui a trait à la guerre au Proche-Orient, je vous suggère la lecture du billet très instructif de Normand Baillargeon.
http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/01/hasbara-et-quelques-contre-poisons.html
Salutations
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