Un jour, il y a très longtemps, des gens ont décidé de se regrouper et de partager un certain nombre de tâches entre eux. Au-delà de la famille, au-delà même du clan puis de la tribu, les humains se sont organisés en groupes de plus en plus larges pour partager des tâches de plus en plus complexes. Plusieurs de ces groupes ne bénéficiaient qu’à quelques personnes, des personnes qui s’accaparaient du pouvoir et de la richesse en échange de leur protection. Puis nous avons inventé la démocratie, pour ne plus être les esclaves de l’état mais pour que l’état nous serve. Mais dans tous les cas, sous la tyrannie comme sous la démocratie, les citoyens sont liés à l’État.
Voilà ce que c’est que d’être citoyen. Avoir une citoyenneté c’est détenir un lien avec un état, lien qui nous oblige à certaines choses et qui, en retour, oblige aussi l’état à d’autres choses : et la toute première de ces obligations de l’état envers ses citoyens c’est de respecter la citoyenneté qu’il a lui-même reconnue.
La citoyenneté ne me soustrait pas à la loi, ne me soustrait pas à la prison, ne me soustrait pas à mes devoirs envers ma société, bien au contraire ; mais elle me soustrait, dans la mesure du possible, au pouvoir des autres états ou des autres groupes humains. Que mon état ne soit pas en mesure de m’aider si je suis enlevé ou menacé dans un autre pays, que mon état ne puisse pas me secourir si je suis arrêté arbitrairement sur un autre continent, est une chose regrettable mais possible.
Mais quand mon état refuse de me secourir, quand mon état ne veut pas respecter ses obligations envers ses citoyens, nous sommes devant une situation grave. Sous le gouvernement Harper le Canada a renié plusieurs fois, et de manière totalement immorale, ses citoyens. Au cours de la guerre du Liban, le premier ministre s’est interrogé à savoir s’il devait secourir des canadiens qui avaient la double nationalité, s’arrogeant le droit de revoir à lui seul les fondements de notre citoyenneté ; et les canadiens pris dans cette guerre ont été les derniers occidentaux à être secourus, bien après les français, les américains, les suédois. Le même premier ministre a refusé de faire rapatrier un canadien condamné à mort afin qu’il purge ici sa peine de prison à perpétuité, ce que tous les gouvernements canadiens ont pourtant fait depuis l’abolition de la peine de mort.
Actuellement le gouvernement canadien renie deux de nos concitoyens, l’un au Soudan et l’autre à Guantánamo. Dans les deux cas nos obligations internationales sont claires, dans les deux cas le devoir de l’état est évident. Dans un cas, même, les tribunaux ont ordonné au gouvernement Harper de rapatrier son citoyen. Mais Harper persiste et signe ; pour lui il y a des citoyens de seconde zone, des citoyens qui n’en sont pas. Le problème est qu’il décide seul de qui est citoyen, méprisant nos lois et nos tribunaux, méprisant ce qui est le fondement et le ciment d’une société ; le lien d’obligations réciproques entre le citoyen et l’état.
Ce sont là des actions indignes d’un état évolué et qui montrent que Harper n’a jamais eu l’étoffe d’un chef d’état, seulement celle d’un chef de parti. Il est plus que temps qu’il soit limité à ce dernier rôle, si même les conservateurs veulent encore de lui.
Blogue de situations de gouvernance (y compris politiques) et d'anecdotes en international
lundi 11 mai 2009
lundi 23 mars 2009
Le Québec et le Parti Libéral du Canada
L'aile québécoise du PLC s'est réunie cette fin de semaine pour travailler à identifier des pistes de travail pour les mois qui viennent. Et notre chef, Michael Ignatieff, a fait un vibrant appel aux québécois pour qu'ils retrouvent le goût de s'impliquer dans l'exercice du pouvoir et qu'ils voient à nouveau le PLC comme le parti le plus proche de leurs valeurs.
Ces éléments de discours, ce double appel aux valeurs humanistes et au besoin d'être de ceux qui décident, je les ai tenu tout au long de la dernière campagne. En fait, mon choix politique est fondé sur le besoin de défendre mes valeurs profondes contre le conservatisme et sur le désir de ne plus rester sur le banc, à regarder les autres occuper la glace. Être candidat du PLC dans Shefford, c'était et c'est encore offrir à mes concitoyens le moyen de refuser à la fois l'impasse du Bloc et la droite de Harper. Et nous avons vaincu la droite, regagnant le deuxième rang et réduisant l'écart avec le Bloc.Mais nous n'avons pas gagné.
Est-il possible de regagner le Québec par le simple vide que laissent les conservateurs? Est-il possible de le regagner simplement en réveillant chez les québécois la volonté d'être en situation de diriger? Je n'en suis pas sur.
Pour être le parti des québécois, pour remplacer le Bloc, nous devons proposer une façon d'être à la fois québécois et canadien. Je suis de ceux qui sont passés par-dessus la division entre leurs deux appartenances et qui ont décidés d'en faire deux richesses. Mais si nous voulons que davantage de québécois prennent le même chemin, il faut que celui-ci soit plus clair et mieux établi. Comment nous, les libéraux du Canada, entendons-nous répondre aux préoccupations des québécois quant à leur avenir collectif?
Il nous faut affirmer notre vision de la langue française, au Québec et au Canada; il nous faut affirmer notre vision du Québec, nation au sein du pays qu'est le Canada. Il nous faut trouver les moyens de déverrouiller la situation de sorte que, sans crise et sans rancœur, les québécois choisissent de ne renoncer à rien de ce qu'il sont. C'est à nous de faire preuve d'imagination et d'enthousiasme pour que le projet canadien d'une société ouverte et respectueuse des personnes et des groupes rejoigne le projet québécois d'une société tout aussi ouverte, tout aussi respectueuse des personnes mais aussi fermement et obligatoirement engagée dans sa survie comme nation.
C'est à nous, c'est à moi comme candidat libéral, à démontrer que notre avenir comme québécois se joue au sein du Canada.
Ces éléments de discours, ce double appel aux valeurs humanistes et au besoin d'être de ceux qui décident, je les ai tenu tout au long de la dernière campagne. En fait, mon choix politique est fondé sur le besoin de défendre mes valeurs profondes contre le conservatisme et sur le désir de ne plus rester sur le banc, à regarder les autres occuper la glace. Être candidat du PLC dans Shefford, c'était et c'est encore offrir à mes concitoyens le moyen de refuser à la fois l'impasse du Bloc et la droite de Harper. Et nous avons vaincu la droite, regagnant le deuxième rang et réduisant l'écart avec le Bloc.Mais nous n'avons pas gagné.
Est-il possible de regagner le Québec par le simple vide que laissent les conservateurs? Est-il possible de le regagner simplement en réveillant chez les québécois la volonté d'être en situation de diriger? Je n'en suis pas sur.
Pour être le parti des québécois, pour remplacer le Bloc, nous devons proposer une façon d'être à la fois québécois et canadien. Je suis de ceux qui sont passés par-dessus la division entre leurs deux appartenances et qui ont décidés d'en faire deux richesses. Mais si nous voulons que davantage de québécois prennent le même chemin, il faut que celui-ci soit plus clair et mieux établi. Comment nous, les libéraux du Canada, entendons-nous répondre aux préoccupations des québécois quant à leur avenir collectif?
Il nous faut affirmer notre vision de la langue française, au Québec et au Canada; il nous faut affirmer notre vision du Québec, nation au sein du pays qu'est le Canada. Il nous faut trouver les moyens de déverrouiller la situation de sorte que, sans crise et sans rancœur, les québécois choisissent de ne renoncer à rien de ce qu'il sont. C'est à nous de faire preuve d'imagination et d'enthousiasme pour que le projet canadien d'une société ouverte et respectueuse des personnes et des groupes rejoigne le projet québécois d'une société tout aussi ouverte, tout aussi respectueuse des personnes mais aussi fermement et obligatoirement engagée dans sa survie comme nation.
C'est à nous, c'est à moi comme candidat libéral, à démontrer que notre avenir comme québécois se joue au sein du Canada.
jeudi 5 mars 2009
Désolant!
Il n'y a pas d'autre mot que désolant pour qualifier le départ de Bromont de la MRC. J'aime bien Mme Quinlan, j'ai du plaisir à la rencontrer et j'apprécie souvent ses interventions et ses prises de position. Mais, cette fois, je suis en total désaccord avec elle.
En fait, j'ai l'impression que la maire de Bromont et la plupart des élus régionaux ont une vision commune. Celle d'une agglomération Granby-Bromont forte et active tant au plan économique que sociale. Déjà de nombreux bromontois travaillent ou étudient à Granby et de nombreux granbyens travaillent ou se détendent à Bromont. Déjà nous partageons une Chambre de commerce, des services gouvernementaux, un cégep, des voies d'accès, des infrastructures industrielles et récréotouristiques. La tendance naturelle est claire et toute notre grande région bénéficierait du développement commun de ce pôle urbain.
Madame Quinlan est une femme intelligente. Cette vision elle l'a certainement eu elle aussi. Et c'est sans doute ce qui a motivé son désir de quitter la MRC de la Haute-Yamaska. Là ou moi je vois une promesse, je pense qu'elle a vu une menace. L'idée du rapprochement de sa ville d'avec Granby ne lui plaît pas car elle craint de voir y disparaître les spécificités de sa communauté. Je ne peux m'empêcher de faire ici un parallèle avec la méfiance de certains québécois à l'égard du Canada, comme si notre appartenance canadienne menaçait forcément notre appartenance québécoise. L'histoire des cent dernières années montre pourtant que nous nous sommes davantage épanouis durant notre période canadienne que durant les autres périodes de notre histoire.
Madame Quinlan, vous tentez de ralentir l'histoire et les tendances lourdes de la société. Le retrait de Bromont va en effet retarder le rapprochement de Bromont et de Granby. Mais celui-ci est inévitable et il se fera. Et vos concitoyens n'y perdront pas leur âme; ils y gagneront finalement, comme les habitants de Granby, en services, en finances et en rayonnement national.
En fait, j'ai l'impression que la maire de Bromont et la plupart des élus régionaux ont une vision commune. Celle d'une agglomération Granby-Bromont forte et active tant au plan économique que sociale. Déjà de nombreux bromontois travaillent ou étudient à Granby et de nombreux granbyens travaillent ou se détendent à Bromont. Déjà nous partageons une Chambre de commerce, des services gouvernementaux, un cégep, des voies d'accès, des infrastructures industrielles et récréotouristiques. La tendance naturelle est claire et toute notre grande région bénéficierait du développement commun de ce pôle urbain.
Madame Quinlan est une femme intelligente. Cette vision elle l'a certainement eu elle aussi. Et c'est sans doute ce qui a motivé son désir de quitter la MRC de la Haute-Yamaska. Là ou moi je vois une promesse, je pense qu'elle a vu une menace. L'idée du rapprochement de sa ville d'avec Granby ne lui plaît pas car elle craint de voir y disparaître les spécificités de sa communauté. Je ne peux m'empêcher de faire ici un parallèle avec la méfiance de certains québécois à l'égard du Canada, comme si notre appartenance canadienne menaçait forcément notre appartenance québécoise. L'histoire des cent dernières années montre pourtant que nous nous sommes davantage épanouis durant notre période canadienne que durant les autres périodes de notre histoire.
Madame Quinlan, vous tentez de ralentir l'histoire et les tendances lourdes de la société. Le retrait de Bromont va en effet retarder le rapprochement de Bromont et de Granby. Mais celui-ci est inévitable et il se fera. Et vos concitoyens n'y perdront pas leur âme; ils y gagneront finalement, comme les habitants de Granby, en services, en finances et en rayonnement national.
mercredi 25 février 2009
Le PQ et la Caisse de dépôt
Les résultats de la Caisse de dépôt nous sont enfin connus. La perte est de 40 milliard de dollars, 25% de la valeur de nos fonds. Cela donne à la Caisse un rendement inférieur à celui de beaucoup de gestionnaires de fonds, un rendement qui relève plus du certificat de dépôt garanti, celui dont le capital est protégé, que du placement en bourse. Bref, en déposant notre argent chez Desjardins ou chez ING Direct nous serions collectivement devenus plus riches que nous ne le sommes aujourd'hui. Mais là n'est pas le vrai sujet de mon texte.
La Caisse de dépôt est québécoise, elle est gérée par des québécois pour des québécois. Il y a quelques jours, en conseil central du PQ, Madame Marois nous expliquait qu'un Québec indépendant serait mieux à même de gérer ses affaires. Selon elle la solution aux difficultés économiques passe par la souveraineté et le plein contrôle de nos institutions.
Le fait d'être québécois ne nous rend pas infaillibles. Les résultats de la Caisse de dépôt en sont une triste preuve. Voilà un outil pour lequel nous avons le plein contrôle. Nous ne pouvons pas blâmer Ottawa ou le reste du Canada pour ce qui nous arrive.
L'argument économique, en faveur ou en défaveur de l'indépendance d'un pays, est un mauvais argument. Nous vivons maintenant dans une macro-économie et ce qui est un avantage une année peut devenir un désavantage dix ans après. L'idée de contrôler ses affaires semble bonne mais, dans les faits, aucun pays ne les contrôle totalement. La crise économique mondiale en est une démonstration à la fois difficile et complète. Bref, on ne choisit pas les frontières d'un pays comme on choisit un placement financier. On le fait sur des valeurs, sur de l'histoire, sur un projet.
Le PQ n'a plus de projet. Il parle encore de souveraineté mais sans que l'on soit encore capable de lui donner un sens. De son côté le Canada, aujourd'hui bien plus qu'il y a vingt ans, est un projet. Un projet un peu utopique d'ouverture et de partage. Mais un projet qui existe et qui peut se construire. C'est celui que je vous invite à choisir avec moi.
La Caisse de dépôt est québécoise, elle est gérée par des québécois pour des québécois. Il y a quelques jours, en conseil central du PQ, Madame Marois nous expliquait qu'un Québec indépendant serait mieux à même de gérer ses affaires. Selon elle la solution aux difficultés économiques passe par la souveraineté et le plein contrôle de nos institutions.
Le fait d'être québécois ne nous rend pas infaillibles. Les résultats de la Caisse de dépôt en sont une triste preuve. Voilà un outil pour lequel nous avons le plein contrôle. Nous ne pouvons pas blâmer Ottawa ou le reste du Canada pour ce qui nous arrive.
L'argument économique, en faveur ou en défaveur de l'indépendance d'un pays, est un mauvais argument. Nous vivons maintenant dans une macro-économie et ce qui est un avantage une année peut devenir un désavantage dix ans après. L'idée de contrôler ses affaires semble bonne mais, dans les faits, aucun pays ne les contrôle totalement. La crise économique mondiale en est une démonstration à la fois difficile et complète. Bref, on ne choisit pas les frontières d'un pays comme on choisit un placement financier. On le fait sur des valeurs, sur de l'histoire, sur un projet.
Le PQ n'a plus de projet. Il parle encore de souveraineté mais sans que l'on soit encore capable de lui donner un sens. De son côté le Canada, aujourd'hui bien plus qu'il y a vingt ans, est un projet. Un projet un peu utopique d'ouverture et de partage. Mais un projet qui existe et qui peut se construire. C'est celui que je vous invite à choisir avec moi.
samedi 21 février 2009
LES LIBRES COLONIES...
Voilà plusieurs jours que je suis silencieux. Mon travail ici, en Haïti, m'a totalement occupé ces dernières semaines. Car, je suis toujours à agir, en votre nom à tous, dans le pays le plus pauvre des Amériques. C'est un choix que nous avons fait, depuis des décennies, d'être présents au monde. Nous ne sommes pas d'un pays qui se prétend neutre, nous ne sommes pas d'un pays belliqueux, nous sommes d'un pays qui se veut bienveillant.
Alors me voici ici, pensant à vous et m'ennuyant des miens, de ma région, de ma maison. Mais agissant, surtout, dans un pays qui ne connait plus la loi. Tout est plus long, plus difficile, plus dangereux. Je ne peux pas marcher, je ne peux pas sortir me promener. Pour travailler ici, pour avoir du papier dans mon imprimante ou du courant électrique dans mon ordinateur, je dois gérer des chauffeurs, employer des garçons de cour qui entretiennent des génératrices, prévoir mes déplacements pour qu'ils soient imprévisibles à ceux qui pourraient me vouloir comme cible. Bref, ce n'est pas l'Afghanistan mais c'est notre deuxième lieu de présence au monde et c'est un lieu prenant, un lieu difficile mais une présence indispensable.
Je vis dans un état qui n'est pas un état de droit. Je dois me méfier même des barrages de police, ne faire que ralentir là ou d'autres s'arrêtent, utiliser la plaque spéciale de mon véhicule pour franchir les obstacles mis en travers des citoyens ordinaires. J'utilise une carte d'identité de privilégié, laquelle demande aux représentants du gouvernement et aux forces de police de me prêter aide et assistance. Je vis dans un monde à part, où nous inventons un état de droit, pour remplacer celui qui n'existe pas. Et j'y fais vivre ceux qui travaillent avec moi, ceux qui viennent, comme le bibliothécaire du cégep ces derniers jours, intervenir avec nous auprès de nos partenaires nationaux.
Si je vous entretiens ainsi de l'absence de loi, de l'absence de droit, c'est que cela est devenu, depuis 1994, la chose qui me paraît la plus importante dans la vie humaine. La protection de l'individu, le monopole de la force dans les mains de la justice, sont les seuls garants que nous ayons inventés contre la tyrannie. Quand ils ne sont plus là, quand la puissance est entre les mains d'un dictateur ou qu'elle est prise par tous, nous nous retrouvons dans un monde étouffé ou demain n'est jamais assuré.
Je ne suis pas français. Je suis québécois, je suis canadien, je suis le résultat d'une culture métissée d'Amérique, de France et d'Angleterre. Je mange du pudding au sirop d'érable et cela résume mes racines multiples. La bataille des Plaines d'Abraham fait partie de mon histoire et le fait que les français l'aient perdu en fait partie aussi. Mais, je l'ai dit, je ne suis pas français. La bataille des Plaines n'est qu'un moment de mon histoire, de notre histoire. Notre résistance, nos appartenances, notre part dans la construction du Canada comme il existe aujourd'hui en font partie aussi. Alors, que l'on souligne l'événement historique des Plaines ne m'évoque pas une défaite. D'autant que, quand je regarde Haïti aujourd'hui, Haïti qui a gagné sa bataille autrefois et a fait son indépendance, ou la Martinique aujourd'hui, la Martinique qui est restée une colonie française, je ne suis pas certain qu'une défaite dans le passé soit toujours une défaite dans le présent. On ne refait pas le passé et nul ne peut dire que notre destin aurait été meilleur si Wolfe avait perdu.
Mais l'important n'est pas là. L'important est qu'autour du débat sur la commémoration de la bataille des Plaines, certains aient quitté le registre de la démocratie. La menace de violence, le discours disproportionné entre ce qui n'est qu'un événement public et ce qui devient une menace à la sécurité des personnes, voilà ce qui m'inquiète.
Le risque de perdre le droit d'être des citoyens qui marchent librement dans la rue est constant. Il suffit d'une bouffée de sottise, d'un courant de haine, pour que tout bascule beaucoup plus vite que l'on ne le croit. Je sais trop bien, maintenant, et je l'ai trop durement appris, que le germe de la division est partout. Nous devons constamment être vigilants et demeurer, curieusement, intransigeants à l'intransigeance.
Couper les vivres à un organe de presse qui a prôné la violence est insuffisant. S'en distancer est insuffisant. Il faut rappeler que la haine et la division ne sont que des sources de sang et de larmes. Je suis infiniment déçu de la réaction des indépendantistes qui se prétendent purs et durs et qui ne sont que durs. La distance qu'ils ont prise avec René Lévesque est finalement plus grande que celle qui m'en sépare; j'ai choisi la démocratie avant l'acharnement, la liberté et le droit de vivre avant la flamme nationaliste. Je suis québécois mais je ne nie pas l'histoire qui a fait de nous des canadiens. Je veux que mon peuple s'affirme, mais je veux qu'il le fasse sans haine, en harmonie et en fusion avec les autres.
Ensemble, nous pouvons y travailler. Ensemble, nous pouvons encore changer le monde.
Alors me voici ici, pensant à vous et m'ennuyant des miens, de ma région, de ma maison. Mais agissant, surtout, dans un pays qui ne connait plus la loi. Tout est plus long, plus difficile, plus dangereux. Je ne peux pas marcher, je ne peux pas sortir me promener. Pour travailler ici, pour avoir du papier dans mon imprimante ou du courant électrique dans mon ordinateur, je dois gérer des chauffeurs, employer des garçons de cour qui entretiennent des génératrices, prévoir mes déplacements pour qu'ils soient imprévisibles à ceux qui pourraient me vouloir comme cible. Bref, ce n'est pas l'Afghanistan mais c'est notre deuxième lieu de présence au monde et c'est un lieu prenant, un lieu difficile mais une présence indispensable.
Je vis dans un état qui n'est pas un état de droit. Je dois me méfier même des barrages de police, ne faire que ralentir là ou d'autres s'arrêtent, utiliser la plaque spéciale de mon véhicule pour franchir les obstacles mis en travers des citoyens ordinaires. J'utilise une carte d'identité de privilégié, laquelle demande aux représentants du gouvernement et aux forces de police de me prêter aide et assistance. Je vis dans un monde à part, où nous inventons un état de droit, pour remplacer celui qui n'existe pas. Et j'y fais vivre ceux qui travaillent avec moi, ceux qui viennent, comme le bibliothécaire du cégep ces derniers jours, intervenir avec nous auprès de nos partenaires nationaux.
Si je vous entretiens ainsi de l'absence de loi, de l'absence de droit, c'est que cela est devenu, depuis 1994, la chose qui me paraît la plus importante dans la vie humaine. La protection de l'individu, le monopole de la force dans les mains de la justice, sont les seuls garants que nous ayons inventés contre la tyrannie. Quand ils ne sont plus là, quand la puissance est entre les mains d'un dictateur ou qu'elle est prise par tous, nous nous retrouvons dans un monde étouffé ou demain n'est jamais assuré.
Je ne suis pas français. Je suis québécois, je suis canadien, je suis le résultat d'une culture métissée d'Amérique, de France et d'Angleterre. Je mange du pudding au sirop d'érable et cela résume mes racines multiples. La bataille des Plaines d'Abraham fait partie de mon histoire et le fait que les français l'aient perdu en fait partie aussi. Mais, je l'ai dit, je ne suis pas français. La bataille des Plaines n'est qu'un moment de mon histoire, de notre histoire. Notre résistance, nos appartenances, notre part dans la construction du Canada comme il existe aujourd'hui en font partie aussi. Alors, que l'on souligne l'événement historique des Plaines ne m'évoque pas une défaite. D'autant que, quand je regarde Haïti aujourd'hui, Haïti qui a gagné sa bataille autrefois et a fait son indépendance, ou la Martinique aujourd'hui, la Martinique qui est restée une colonie française, je ne suis pas certain qu'une défaite dans le passé soit toujours une défaite dans le présent. On ne refait pas le passé et nul ne peut dire que notre destin aurait été meilleur si Wolfe avait perdu.
Mais l'important n'est pas là. L'important est qu'autour du débat sur la commémoration de la bataille des Plaines, certains aient quitté le registre de la démocratie. La menace de violence, le discours disproportionné entre ce qui n'est qu'un événement public et ce qui devient une menace à la sécurité des personnes, voilà ce qui m'inquiète.
Le risque de perdre le droit d'être des citoyens qui marchent librement dans la rue est constant. Il suffit d'une bouffée de sottise, d'un courant de haine, pour que tout bascule beaucoup plus vite que l'on ne le croit. Je sais trop bien, maintenant, et je l'ai trop durement appris, que le germe de la division est partout. Nous devons constamment être vigilants et demeurer, curieusement, intransigeants à l'intransigeance.
Couper les vivres à un organe de presse qui a prôné la violence est insuffisant. S'en distancer est insuffisant. Il faut rappeler que la haine et la division ne sont que des sources de sang et de larmes. Je suis infiniment déçu de la réaction des indépendantistes qui se prétendent purs et durs et qui ne sont que durs. La distance qu'ils ont prise avec René Lévesque est finalement plus grande que celle qui m'en sépare; j'ai choisi la démocratie avant l'acharnement, la liberté et le droit de vivre avant la flamme nationaliste. Je suis québécois mais je ne nie pas l'histoire qui a fait de nous des canadiens. Je veux que mon peuple s'affirme, mais je veux qu'il le fasse sans haine, en harmonie et en fusion avec les autres.
Ensemble, nous pouvons y travailler. Ensemble, nous pouvons encore changer le monde.
lundi 2 février 2009
OBAMA-CANADA : L’OCCASION RATÉE
Obama est devenu président des États-Unis. Entre novembre et janvier il a eu, comme tout président élu, plusieurs semaines pour former son équipe et se préparer à occuper la maison blanche. Et ce temps là était le meilleur pour l’influencer.
Les démocrates défendent des valeurs sociales qui sont plus proches des nôtres; ils sont aussi bien plus tièdes à l’égard des guerres. Nous sommes donc nombreux à nous être réjouis de voir un démocrate l’emporter. Son appartenance à une minorité, encore aujourd’hui défavorisée, a en plus créé des résonances dans bien des âmes.
Mais on oublie facilement que les démocrates sont généralement isolationnistes. Le désir de se préoccuper de leurs concitoyens les a parfois amenés à négliger le reste du monde comme ce fut le cas au début de la seconde guerre mondiale. En cela aussi ils nous ressemblent. Et, de même que nous avons parfois tendance à prôner le protectionnisme commercial, ils ont tendance à l’appliquer.
Le gouvernement Harper n’a fait aucun effort pour joindre le président élu, Barak Obama. Il a laissé porter, aveuglé par son idéologie de droite et par sa soif de s’accrocher au pouvoir. Aujourd’hui les canadiens et les québécois en payent le prix; Obama met en place une barrière protectionniste contre notre acier et interroge l’Alena.
Le libre échange n’est pas parfait, nous le savons tous. Mais il est de loin préférable aux frontières fermées et aux petits marchés auxquels certains rêvent pourtant de nous réduire.
Aujourd’hui la grande majorité des québécois est convaincue que le gouvernement conservateur est une erreur. Son incapacité à agir en fonction du changement de pouvoir aux États-Unis en est une autre preuve. De notre côté, il nous reste à comprendre que, pour se débarrasser de Harper, il faut voter en s’impliquant sur la scène fédérale et non en s’isolant. Pour atteindre le monde la première étape n’est pas de reculer dans son jardin, aussi beau soit-il, mais d’avancer à la rencontre des autres.
Les démocrates défendent des valeurs sociales qui sont plus proches des nôtres; ils sont aussi bien plus tièdes à l’égard des guerres. Nous sommes donc nombreux à nous être réjouis de voir un démocrate l’emporter. Son appartenance à une minorité, encore aujourd’hui défavorisée, a en plus créé des résonances dans bien des âmes.
Mais on oublie facilement que les démocrates sont généralement isolationnistes. Le désir de se préoccuper de leurs concitoyens les a parfois amenés à négliger le reste du monde comme ce fut le cas au début de la seconde guerre mondiale. En cela aussi ils nous ressemblent. Et, de même que nous avons parfois tendance à prôner le protectionnisme commercial, ils ont tendance à l’appliquer.
Le gouvernement Harper n’a fait aucun effort pour joindre le président élu, Barak Obama. Il a laissé porter, aveuglé par son idéologie de droite et par sa soif de s’accrocher au pouvoir. Aujourd’hui les canadiens et les québécois en payent le prix; Obama met en place une barrière protectionniste contre notre acier et interroge l’Alena.
Le libre échange n’est pas parfait, nous le savons tous. Mais il est de loin préférable aux frontières fermées et aux petits marchés auxquels certains rêvent pourtant de nous réduire.
Aujourd’hui la grande majorité des québécois est convaincue que le gouvernement conservateur est une erreur. Son incapacité à agir en fonction du changement de pouvoir aux États-Unis en est une autre preuve. De notre côté, il nous reste à comprendre que, pour se débarrasser de Harper, il faut voter en s’impliquant sur la scène fédérale et non en s’isolant. Pour atteindre le monde la première étape n’est pas de reculer dans son jardin, aussi beau soit-il, mais d’avancer à la rencontre des autres.
jeudi 29 janvier 2009
Bravo Michael!
Notre chef a dépassé mes attentes. Non seulement il a mis l'intérêt collectif au-dessus de la précipitation politique en laissant passer le budget des conservateurs, il a aussi mis le gouvernement Harper sous surveillance pour nous assurer que les intentions déclarées dans le budget seront vraiment appliquées.
Pendant ce temps là les autres partis d'opposition affichent leur déception. Quand Duceppe crie à la trahison, il ne fait qu'avouer son regret de voir le pouvoir lui échapper. Il prétend que nous avons abandonné les québécois; bien au contraire, nous agissons de sorte que, dès maintenant, les familles, les chômeurs, les collectivités obtiennent enfin l'aide nécessaire. Bien sur le budget n'est pas un bon budget, c'est un budget conservateur! Mais c'est mieux que rien.
Nous sommes dans une maison en flamme. Harper tient l'extincteur et se décide enfin à l'utiliser. Ce n'est pas le temps de le lui arracher pour en tenir le tuyau à deux pendant qu'un troisième, par derrière, nous dit de nous occuper juste du salon. Nous laissons ces jeux irresponsables au Bloc et au NPD. Quant à nous, nous travaillons pour le bien de tous.
Bravo Michael!
Pendant ce temps là les autres partis d'opposition affichent leur déception. Quand Duceppe crie à la trahison, il ne fait qu'avouer son regret de voir le pouvoir lui échapper. Il prétend que nous avons abandonné les québécois; bien au contraire, nous agissons de sorte que, dès maintenant, les familles, les chômeurs, les collectivités obtiennent enfin l'aide nécessaire. Bien sur le budget n'est pas un bon budget, c'est un budget conservateur! Mais c'est mieux que rien.
Nous sommes dans une maison en flamme. Harper tient l'extincteur et se décide enfin à l'utiliser. Ce n'est pas le temps de le lui arracher pour en tenir le tuyau à deux pendant qu'un troisième, par derrière, nous dit de nous occuper juste du salon. Nous laissons ces jeux irresponsables au Bloc et au NPD. Quant à nous, nous travaillons pour le bien de tous.
Bravo Michael!
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