lundi 24 mars 2014

Des élections voléees?

Il y aurait des gens qui, dans quelques comtés, tenteraient de se faire porter sur la liste électorale sans y avoir droit. Sur la base de cette simple information, avec en main quelques chiffres mais sans données permettant de comparer la situation actuelle à la situation normale, voilà trois candidats péquistes qui crient au vol d'élection. Et ce ne sont pas n'importe quels candidats, on y retrouve notamment l'ancien ministre de la justice du gouvernement sortant. Voilà donc une information grave, une preuve que la démocratie est en péril et que des esprits malfaisants veulent empêcher les québécois de se choisir librement un nouveau gouvernement; il y a du complot d'en l'air. En fait, ce n'est que crier au loup. D'abord parce que nous sommes dans un système de démocratie par représentation et que les votes sont comptabilisés comté par comté et non pas au total. Ce n'est pas comme aux référendums de 1980 et de 1995 où chaque vote comptait à l'échelle du Québec. On sait que les péquiste sont pressés de vivre un troisième référendum mais ce n'est tout de même pas le cas et, cette fois-ci comme dans toutes les élections provinciales et fédérales, les votes sont considérés comté par comté. Lorsqu’on voit que chacun des 5 comtés où ce «drame national» se joue est pour ainsi dire déjà attribué à un vainqueur connu, on se dit que les comploteurs sont bien maladroits et que, tant qu'à voler des votes, ils devraient le faire dans des comtés où cela pourrait avoir un effet! Et puis, quand on regarde les chiffres comparatifs on s'aperçoit que, dans 4 comtés sur 5 où il y aurait des inscriptions massives de fraudeurs, les demandes d'inscription sont en fait moins nombreuses que lors de la dernière élection. Bref, on est dans la routine, dans le processus normal de la révision de la liste électorale. Il n'y a aucun drame, aucun vol systématique, aucun complot. Mais le PQ déchire sa chemise pour ça. Il faut bien mobiliser les gens et développer chez eux une mentalité d'assiégés enfin de les amener, enfin, à se regrouper sous la bannière péquiste. Quant à moi, je continue à trouver triste de voir ce qui a été un grand parti politique se livrer à de telles manœuvres et tenter de conserver le pouvoir en accentuant les divisions, que ce soit par sa charte ou par sa dénonciation d'un complot inexistant.

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