jeudi 13 mars 2014

Une campagne référendaire

Autant la campagne électorale québécoise promettait d'être inutile et ennuyeuse, autant la flambée indépendantiste allumée par l'arrivée de Peladeau a-t-elle modifié les enjeux et rendu la campagne intéressante. J'ai déjà écrit, précédemment, ce que je pensais de la candidature de Peladeau considéré non comme un simple citoyen mais comme le propriétaire de 40% des médias québécois. Ce que je n'avais pas deviné c'est que sa profession de foi indépendantiste ramènerait la question nationale au cœur des débats. Voilà les péquistes obligés de parler de leur projet, de nous indiquer qu'ils veulent garder le dollar canadien et ne pas établir de frontières, bref de préciser les contours de leur projet de pays tout en nous affirmant, du même souffle, que l'on ne vote pas pour un référendum mais pour un gouvernement. Il apparaît que ni les électeurs ni les journalistes ne sont naïfs et que tous comprennent que la présente élection est devenue un référendum sur la tenue prochaine d'un référendum! Cela change les règles du jeu électoral et nous force à repenser notre choix en fonction de notre vision de l'avenir; la nation québécoise qui poursuit son développement au sein du Canada ou la nation québécoise qui compte le faire désormais dans un autre pays, pays qui aura une Charte des valeurs pour nous dire quoi penser, une Charte des valeurs plus importante que la Charte des droits. Ce nouveau projet indépendantiste, qui n'a plus rien à voir avec celui de 1980, lequel se basait sur l'ouverture au monde et sur une nationalité de territoire, va donc tenter de se définir d'ici le 7 avril. Chose certaine, si ce projet peut en séduire certains, il ne rejoindra pas ceux qui affirment leur appartenance à la nation québécoise sans sentir le besoin de la figer dans le temps en prétendant définir ses valeurs alors que rien n'est plus changeant, sur quelques décennies, que les valeurs.

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